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Différences
conceptuelles
Les sites Web, instanciés aux travers des fureteurs,
sont des environnements logiciels. Mais certains facteurs, d'un point
de vue conceptuel, en font une entité différente. Voici les plus
importants facteurs de distinction.
- Variété de gens et de dispositifs:
le Web est utilisé par une grande variété de gens sur une grande
variété de plates-formes, dont la télévision (MSN - WebTV par
exemple) : les utilisateurs sont plus difficiles à cerner et le Web a
ses propres contraintes techniques.
A ceci s'ajoute la problématique de l'accès à l'Internet par les
appareils sans-fil (par exemple, de type WAP). Ces dispositifs, souvent
mobiles, ont des caractéristiques bien particulières. Jusqu'à tout
récemment, ils étaient loin de combler les attentes, comme le
soulignait le journaliste Fabien Deglise dans ce court
texte, publié sur le cybermagazine Branchez-Vous
en février 2001. Mais les choses changent rapidement, comme le
soulignait Jakon Nielsen dans sa chronique du 17 février 2009, "
Mobile Web 2009 = Desktop Web 1998".
Les appareils eux-mêmes - comme l'industrie en générale-, souffre d'un
manque de cohérence et de la complexité inhérente aux appareils
eux-mêmes. Motorola, en 2006, en faisait les frais. Ses modèles Razr,
succès commercial aux premiers regards, s'avèrent un grave problème
pour l'entreprise: les clients en sont tellement insatisfaits qu'ils ne
veulent plus de matériel Motorola. La cause? Mauvaise utilisabilité.
Et que dire des dispositifs n'étant pas, dans leur essence, des
dispositifs réticulaires, comme cette bouilloire
(i-pot!) - qui souligne aussi l'apport phénoménale, mais souvent
négligé, des facteurs
culturels.
- Individualisation des contenus:
qui dit variété de gens dit aussi plus que personnalisation. C'est
l'individualisation des contenus. Marketing, bien sûr, mais aussi
communication et interaction efficaces sont des résultats possibles de
l'individualisation. On individualise l'expérience de l'utilisateur de
notre site en diffusant et en gérant l'information demandée par chaque
utilisateur. Le courriel est d'ailleurs un outil de choix: en voici un
vénérable exemple dans
lequel un site commercial offrant CDs et DVDs, visité en janvier 2000,
se souvient de recherches effectuées et propose d'emblée des produits y
correspondant dans un courriel individualisé, 11 mois plus tard. Une
autre vision, plus applicative, est bien représentée dans cet exemple de suivi d'un envoi.
- Espace partagé: le Web est un
espace partagé, encore aujourd'hui, par des amateurs et des
professionnels : ce phénomène est normal puisqu'il est de plus en plus
facile, pour un néophyte, de développer un site Web. Une des
conséquences immédiates de ce fait est traduite par la croyance erronée
et fortement répandue qu'il est facile, rapide et peu dispendieux de
produire un site Web. Une autre conséquence est l'apparition
d'environnements web de piètre qualité, comme ceux que le site "Worst of the
Web" prend plaisir à dénoncer!
- Décentralisation: le Web est un
outil dont le développement et l'entretien sont souvent très
décentralisés : beaucoup de gens peuvent y travailler, à partir de
régions géographiques parfois très éloignées.
- Point d'entrée inconnu: l'accès à
un site peut souvent se faire par un point d'entrée inconnu, qui n'en
est pas un. Cette situation entraîne des problèmes de navigation très
sérieux qu'on ne retrouve dans aucun autre environnement, pas même les
environnements multimédias d'information ou de divertissement, les plus
proches parents du Web.
Des problématiques propres à l'indexation de contenus situés à
l'intérieur des sites peuvent aussi exister si la navigation et le
positionnement dans le site ne sont pas explicites. À quoi bon indexer
un site dans les principaux engins de recherche, si les utilisateurs ne
peuvent aller plus loin que la page où ils atterrissent après avoir
cliqué un résultat dans "Google"?
- Frontières floues: les limites «
frontalières » d'un site et du Web en général sont floues :
l'utilisateur peut y éprouver des difficultés de localisation,
entraînant encore des problèmes de navigation. D'ailleurs, de
nombreuses études montrent que très peu de gens sont capables de former
une image mentale valable d'un grand nombre de sites étudiés. Ceci
était vrai en 2000, l'est toujours en 2005 et le sera probablement
encore demain.
- Compétition: il existe une
compétition « naturelle » très forte entre les sites, comme entre des
magazines, des commerces ayant pignon sur rue ou des émissions
télévisées. De plus, le Web peut être comparé à un immense kiosque à
journaux et de plus en plus à un énorme centre commercial aussi. La
qualité, l'utilisabilité et la performance d'un site deviennent alors
critiques : si ça ne marche pas là, rien n'empêche l'utilisateur
d'aller voir ailleurs. La conséquence pour l'exploitant est triste et
simple: la fermeture... Prenons les exemples
d'échecs web retentissants qui ont marqué l'éclatement de la bulle
Internet en 2001-2002 pour premiers témoins...
- L'argent : contrairement au
développement de logiciels, le développement est constant et
l'entretien du site peut coûter cher. Des erreurs ergonomiques peuvent
aussi entraîner des coûts, tant sous forme de corrections que de coûts
indirects de support à la clientèle et de revenus perdus lors de
transactions non complétées par exemple.
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